Un peu d'histoire
S’il est difficile de dater avec précision l’occupation sédentaire du village, on peut s'en remettre à la légende de Saint Véran et de son dragon, terrassé par l’évêque de Cavaillon au VIᵉ siècle.
Quoi qu’il en soit, des vestiges de la Mine de Cuivre attestent d’une présence humaine réelle dès le Néolithique (vers 1500 à 1800 avant J.-C.).
Il est probable que l’occupation ait été, dans un premier temps, saisonnière, assurée par des bergers transhumants, avant une sédentarisation progressive à partir des XIᵉ-XIIᵉ siècles.
L’altitude élevée est compensée par une forte exposition au Soleil, optimisée par l’emplacement même du village à flanc de montagne et des maisons dites fustes exposées au Sud.
Les habitants ont longtemps vécu en autarcie, partageant l’écurie avec les bêtes et supportant un hiver long et rigoureux (sept mois), ne laissant que cinq mois pour réaliser toutes les récoltes.
Comme les autres communes du Queyras, Saint-Véran a fonctionné en république des Escartons de 1343 à 1789, aux côtés du Briançonnais et de trois provinces du Piémont, jusqu’au traité d’Utrecht en 1713.
Si la population a atteint son apogée au XIXᵉ siècle (environ 900 habitants), elle a ensuite décliné, notamment à cause de l’exil des protestants après la révocation de l’Édit de Nantes, des guerres, ou encore des migrations économiques.
Le tourisme a permis de freiner, un temps, cette chute démographique. Les premiers touristes, au début du XXᵉ siècle, ont donné aux familles l’opportunité de moderniser leur habitat et d’aménager des pièces de vie supplémentaires.
Le premier téléski a été installé en 1937, sous l’impulsion de Jacques Couëlle, grand architecte parisien venu s’installer quelques années à Saint-Véran.
Aujourd’hui, environ 1 800 lits touristiques viennent gonfler, en saison, une population permanente de 165 habitants (contre 257 en 2010).
Le guide de visite de Saint-Véran, à télécharger (plan, histoire du village et balades)
L’Avenir
« Blotti entre la France et l'Italie, protégé comme un château par des frontières naturelles - cols élevés, fines arêtes, vallées creuses -, le Queyras, miraculeusement, est en train de gagner aujourd'hui la guerre terrible que les plus beaux pays du monde perdent, l'un après l'autre, en effet détruits et saccagés par le torrent touristique. Hier encore, disait-on, l'isolement bloquait ou retardait ceux qui en souffraient ; désormais, il garantit, au contraire, une avance certaine à ceux qui ont su ou pu en préserver la rareté. Sauvé, relativement, du nombre, des bruits, des laideurs et des répétitions de la publicité, le Queyras devient donc maintenant l'un des derniers paradis de France, où la journée de marche ne rencontre que choucas et lagopèdes, dans la transparence du vent. Dorénavant, le tourisme sain ne pourra se développer que dans les pays qui, sous peine de ravages, en limitent les excès. »
Michel SERRES