La Mine de Cuivre
Un trésor caché en pleine montagne
Les vestiges de la laverie de la Mine de Cuivre, visibles depuis la route de Clausis, intriguent de nombreux randonneurs. Ces imposantes machines rouillées, installées en pleine montagne, témoignent de l’exploitation d’un minerai rare et très riche en cuivre : la bornite. Des kilomètres de galeries ont été creusés à différentes époques pour extraire ce cuivre, qui était ensuite concentré et expédié pour être transformé en métal.
Les travaux de la laverie se faisaient en surface, pendant la belle saison. Les mineurs concassaient, broyaient, triaient et lavaient le minerai, d’où la présence des machines le long de la pente. En hiver, les galeries étaient creusées, et les blocs de minerai étaient stockés dans la trémie. Les habitants de Saint-Véran, qui travaillaient à la mine, s’y rendaient à skis, en vélo ou en mobylette selon les saisons. Des mineurs venus d’autres régions, comme la Haute-Loire, l’Italie ou l’Algérie, sont également venus travailler sur le site, logeant dans un bâtiment dont les ruines sont visibles près de la route.
L’histoire de la Mine de Cuivre de Saint-Véran prend fin en 1960, à la suite des inondations de 1957 qui ont dévasté les infrastructures du Queyras. Une série d’accidents dans les années 50 mettra un terme à cette activité. Bien que le minerai était très riche, les conditions d’extraction et d’expédition rendaient l’exploitation peu rentable. Malgré tout, la mine a permis de maintenir la population de Saint-Véran, une population qui, par nature, vivait de diverses activités.
Mais la véritable histoire de cette mine remonte bien plus loin. Vers 2500 mètres d’altitude, plus de 4000 ans avant nous, les premiers mineurs ont découvert et extrait de grandes quantités de minerai de cuivre. Ils ont utilisé des techniques très avancées pour l’époque, comme le grillage du minerai, son concassage et la cuisson dans des foyers. Ces premiers métallurgistes de la fin du Néolithique ont laissé des traces de leur passage : des impacts de leurs outils en pierre et des traces d’attaque au feu sur un front de taille. Ils ont aussi creusé des galeries profondes, mais ont dû abandonner leur travail face à un obstacle technique.
Au XIXe siècle, des travaux de prospection ont redécouvert ces anciennes galeries, et ce sont les mineurs du début du XXe siècle qui, en creusant à leur tour, ont rejoint les traces laissées par les métallurgistes de l’Âge du Bronze. Lors de ces explorations, des restes de torches et une sacoche en cuir ont été retrouvés, témoignant de l’activité humaine dans cette région.
Aujourd’hui, ce site est un témoignage important de la présence humaine en montagne et du passage de l'Âge de pierre à l'Âge des métaux. Les archéologues continuent d'explorer ce lieu fascinant.
Deux circuits permettent de découvrir le site. Un grand circuit à la journée au départ de Saint-Véran et un plus petit depuis la Carrière de Marbre.